
Les managers qui réussissent en mode hybride ne sont pas ceux qui ont le plus d’expérience. Ce sont ceux qui ont su adapter leurs pratiques.
Le travail hybride s’est imposé comme la norme dans de nombreuses organisations.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon leBaromètre du Recrutement et de l’Emploi 2025, 63,6 % des Français télétravaillent aujourd’hui, dont près d’un sur deux en mode hybride, et 52,8% affirment ne plus pouvoir s’en passer. Réunions à distance, équipes dispersées entre le bureau et le domicile, communication fragmentée entre synchrone et asynchrone : en quelques années, le quotidien des managers a été profondément transformé.
Pourtant, la grande majorité d’entre eux n’a jamais été formée pour ça. On a demandé à des managers de continuer à manager, dans un environnement radicalement différent, avec les mêmes outils et les mêmes réflexes qu’avant.
Résultat : des équipes qui s’essoufflent, des inégalités qui se creusent entre collaborateurs présents et distants, un engagement qui s’érode en silence. En effet, l’étude Gallup State of the Global Workplace 2025 révèle que seulement 8 % des salariés français se déclarent engagés dans leur travail. Et parmi les causes identifiées : la chute de l’engagement des managers eux-mêmes, en baisse de 9 points depuis 2022.
En 2026, manager une équipe hybride sans méthode, c’est avancer à l’aveugle dans un environnement qui ne pardonne plus l’improvisation.
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Qu’est-ce que le management hybride, concrètement ?
Le mode hybride ne se résume pas à « certains jours au bureau, certains jours à la maison ». C’est une reconfiguration complète de la dynamique d’équipe, des modes de communication et des postures managériales.
Ce qui fonctionnait en présentiel ne fonctionne plus automatiquement à distance. Et ce qui fonctionne à distance ne suffit pas toujours pour maintenir la cohésion en mode mixte. Les managers se retrouvent à gérer simultanément deux réalités qui obéissent à des logiques différentes, sans avoir eu le temps ni les ressources pour les appréhender.
Face à cette évolution, les équipes pilotées sans cadre clair se retrouvent rapidement en difficulté : inégalités de traitement entre les collaborateurs, réunions qui n’en finissent plus sans être efficaces, signaux de décrochage ignorés jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Les 4 erreurs les plus fréquentes des managers en mode hybride

1. Reproduire les pratiques du présentiel à distance
Beaucoup de managers ont été formés à un management de proximité, fondé sur la présence, l’observation directe et les interactions informelles. En mode hybride, ces repères disparaissent en partie.
Comment maintenir la confiance quand on ne voit plus ses collaborateurs tous les jours ? Comment évaluer l’engagement à distance ? Comment détecter qu’un membre de l’équipe décélère, sans les signaux visibles du présentiel ?
Sans remise en question de sa posture et de ses zones de vigilance, le manager reproduit des pratiques inadaptées et perd en efficacité sans toujours en comprendre les raisons.
2. Laisser une équipe à deux vitesses se créer
L’un des risques les plus sous-estimés du mode hybride, c’est la fracture silencieuse qui se crée entre les collaborateurs présents au bureau et ceux qui travaillent à distance. Les uns bénéficient d’interactions spontanées, de visibilité naturelle, d’une présence dans les conversations informelles. Les autres, non.
Ces inégalités perçues ont des conséquences concrètes : selon les données du bilan du télétravail et perspectives 2026 réalisé par SFR Business, 15,6 % des salariés estiment que la possibilité de télétravailler n’est pas offerte de manière égale au sein de leur organisation, et que 14,2 % déclarent en nourrir du ressentiment envers leur employeur.
Sans cartographie précise des niveaux d’autonomie et des situations à risque au sein de l’équipe, cette asymétrie s’installe et se creuse. Elle génère un sentiment d’injustice, une démotivation progressive, et in fine une dégradation de la qualité de vie au travail pour l’ensemble du collectif.
3. Animer des réunions hybrides qui épuisent sans produire de résultats
La réunion hybride est probablement le format le plus difficile à animer de façon efficace. Une partie des participants est dans la salle, l’autre sur écran. Les interactions ne sont pas équilibrées, l’attention se disperse, et certains collaborateurs distants finissent par décrocher sans que le manager le remarque.
Trop souvent, les réunions hybrides reproduisent les codes des réunions en présentiel sans adaptation. Résultat : elles prennent du temps, mobilisent de l’énergie, mais ne créent ni décision, ni cohésion, ni valeur réelle.
4. Fonctionner sans cadre collectif partagé
Le mode hybride ne fonctionne pas sans règles du jeu explicites. Quelles sont les plages de disponibilité attendues ? Comment prend-on des décisions quand tout le monde n’est pas disponible en même temps ? Quels outils pour quels usages ? Comment on célèbre les réussites quand l’équipe n’est jamais entièrement réunie ?
Sans réponses claires à ces questions, chaque collaborateur fonctionne selon ses propres interprétations. L’ambiguïté crée de la frustration, les malentendus s’accumulent, et le sentiment d’appartenance à un collectif s’affaiblit progressivement.Vous souhaitez faire un premier état des lieux de votre organisation ? L’ANACT met à disposition uneplateforme d’autodiagnostic organisation hybride et télétravail pour identifier vos axes d’amélioration en quelques étapes.
Le management hybride comme levier de performance

Un cadre de fonctionnement hybride bien construit n’est pas une contrainte supplémentaire : c’est un levier de performance durable.
Il permet de maintenir l’efficacité opérationnelle tout en préservant l’équité entre les membres de l’équipe. Il réduit la charge mentale du manager en clarifiant les attendus de part et d’autre. Et il crée les conditions d’un engagement collectif réel, même à distance.
L’ANACT le confirme dans ses travaux sur le télétravail et la qualité de vie au travail : la qualité du management est le principal facteur qui détermine si le travail hybride devient un levier de bien-être ou une source de tensions. Dans un contexte où turnover et absentéisme restent des enjeux majeurs pour les organisations, investir dans les pratiques managériales, c’est investir directement sur la fidélisation des talents.
Pourquoi se former au management hybride devient nécessaire ?
Le management hybride ne s’improvise pas et ne s’apprend pas sur le tas sans méthode. Il nécessite de diagnostiquer sa propre posture, de comprendre les dynamiques spécifiques à ce mode de fonctionnement, et d’acquérir des outils concrets immédiatement transférables dans le quotidien professionnel.
Se former, c’est gagner en clarté sur ses pratiques, en efficacité dans l’animation de son équipe, et en sérénité dans la gestion des situations complexes à distance. C’est aussi, pour l’organisation, un investissement direct sur la qualité de vie au travail et l’engagement des équipes.
Et dans un secteur comme le tourisme, où les organisations combinent souvent équipes terrain, personnels itinérants et fonctions support, cette réalité est encore plus prégnante. Comme le souligne notre article Tourisme 2030 : quels métiers émergent et lesquels vont disparaître ?, les compétences managériales figurent parmi les plus recherchées dans les transformations à venir du secteur. Se former aujourd’hui, c’est se positionner durablement sur ces enjeux.
L’ESCAET propose d’ailleurs une formation Manager et activer ses équipes pour celles et ceux qui souhaitent travailler leur posture managériale de façon plus large.
Une formation pour passer d’une posture subie à un management hybride maîtrisé

C’est précisément pour répondre à ce besoin que l’ESCAET propose la formation courte : « Manager des équipes en mode hybride », animée par Anne Sauvaget, coach professionnelle spécialisée en leadership et développement managérial.
Pour qui ? Les managers et responsables d’équipes confrontés aux réalités du travail hybride.
Prérequis ? Aucun prérequis pédagogique. Une expérience managériale en cours suffit.
La formation s’appuie sur des situations réelles de management hybride, avec une alternance de mises en situation, de simulations et d’échanges entre pairs. Chaque participant repart avec un plan d’action individuel directement applicable.
Dans un environnement où le travail hybride est devenu structurel, continuer à manager de la même façon qu’avant n’est plus tenable. Se former, c’est se donner les moyens de piloter son équipe avec efficacité, équité et sérénité, quelle que soit la configuration du moment.
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