Génération Z, Génération Alpha : et si c’était nous qui avions un problème d’adaptation ?

30 juin 2026

On les décrit comme impatients, volatils, obsédés par le sens au travail et allergiques aux hiérarchies. La Génération Z est déjà bien installée dans les équipes du tourisme. La Génération Alpha approche. Et dans beaucoup d’organisations, la question qui circule, parfois à voix basse, reste la même : comment les faire rentrer dans le moule ?

Peut-être que c’est la mauvaise question.

Un malentendu fondateur

Quand on parle d’intégration des jeunes générations, on parle en réalité de deux mouvements simultanés : transmettre les codes de l’entreprise, et adapter l’entreprise à des collaborateurs qui fonctionnent autrement. Le problème, c’est que le premier mouvement est souvent surinvesti, et le second, négligé.

Pourtant, le constat est là. Ces jeunes arrivent avec une expérience du monde professionnel : stages, alternances, premiers projets. Ce qu’ils n’ont pas toujours intégré, ce sont les codes implicites d’une organisation, sa culture, ses non-dits. Mais est-ce vraiment un déficit ? Ou le signe qu’ils arrivent avec un regard neuf, moins formaté, parfois plus lucide sur ce qui fonctionne et ce qui devrait évoluer ?

L’atelier organisé par l’ESCAET dans le cadre du Village de l’Attractivité a mis en lumière cette tension. Les 18 professionnels du tourisme présents n’ont pas cherché à « corriger » les nouvelles générations. Ils ont cherché à comprendre comment créer les conditions d’un accord mutuel.

Ce que la Gen Z révèle de nos organisations

La demande de transparence sur les objectifs et les projets de l’entreprise, souvent présentée comme une exigence générationnelle, est en réalité un révélateur. Si un jeune collaborateur a besoin qu’on lui explique où va l’entreprise et pourquoi, c’est peut-être parce que cette information n’est pas assez partagée avec l’ensemble des équipes. Quel collaborateur, quel que soit son âge, ne bénéficierait pas d’une meilleure clarté stratégique ?

Même chose pour la reconnaissance. La Gen Z est souvent décrite comme friande de feedback et de valorisation. Mais qui ne l’est pas ? Ce que cette génération fait, c’est nommer une attente que les générations précédentes avaient appris à taire, par culture professionnelle, par résignation, ou parce que l’implicite suffisait. En rendant visible ce besoin, les jeunes collaborateurs font en réalité un service aux organisations : ils pointent ce qui manquait depuis longtemps.

Le mentorat, ou l’intelligence d’inverser le flux

Parmi les pistes qui ont émergé de l’atelier, le mentorat a fait consensus. Mais il mérite qu’on en précise la direction. Le mentorat classique va des seniors vers les juniors : on transmet l’expérience, les codes, les réflexes. C’est utile. Mais il existe une autre forme, moins répandue, souvent plus inconfortable : le mentorat inversé.

Demander à un collaborateur de vingt-cinq ans d’accompagner un manager senior sur les usages numériques, sur la lecture des signaux faibles des réseaux sociaux, sur les attentes d’une clientèle plus jeune, c’est à la fois un acte de développement des compétences et un acte managérial fort. Cela dit : tu as quelque chose à m’apprendre. Et cette reconnaissance-là, pour une génération habituée à être considérée comme le problème plutôt que comme la solution, change tout.

Fidéliser, ce n’est pas retenir

L’enjeu de la fidélisation est souvent formulé comme un problème de rétention : comment garder ces jeunes qui partent vite, qui zappent, qui n’ont plus la notion de la loyauté professionnelle ? Mais fidéliser ne devrait pas signifier immobiliser. Cela devrait signifier créer des conditions dans lesquelles un collaborateur choisit de rester, parce que ce qu’il vit dans l’organisation nourrit réellement son développement.

Dans un secteur touristique qui peine à attirer et à conserver ses talents, la vraie compétition n’est peut-être pas entre les entreprises. Elle est entre les organisations qui ont compris que l’engagement se construit dans la durée, dans la confiance et dans la liberté de contribuer, et celles qui cherchent encore à fidéliser avec des outils conçus pour une autre époque.

La Gen Z ne demande pas moins d’exigence. Elle demande que l’exigence soit réciproque.

La prochaine occasion de continuer cette conversation ? Le Salon IFTM, du 14 au 16 septembre 2026. Le Village de l’Attractivité by ESCAET revient avec de nouveaux formats, et toujours cette conviction que les réponses se construisent ensemble ! Restez connectés, toutes les infos arrivent très vite.


Pour aller plus loin, téléchargez gratuitement le document complet de restitution du Village de l’Attractivité, 30+ pages de témoignages, enseignements et actions opérationnelles : wkf.ms/463U2WC

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