Pascale Orsola, fondatrice de l’Odyssée du Papillon

Pascale Orsola a fondé une agence de voyages dédiée aux femmes qui voyagent seules

  • Parcours LEA à l’université
  • 1995-1998 Formation ESCAET
  • Chargée de mission (CCIMP Aéroport de Marseille)
  • Responsable groupes et CE (agence voyages Marseille)
  • Commerciale groupes et CE (VTF)
  • Responsable service groupes (Id Nomade et Agape voyages) • Co-fondatrice d’une agence en ligne voyage responsable
  • Création de l’Odyssée du Papillon

Quel a été votre parcours ?

J’ai eu plusieurs expériences diverses et variées dans le domaine des groupes notamment. J’aimais m’occuper d’un projet de A à Z, être autonome sur mon poste. J’ai eu l’opportunité de co-fonder une agence en ce sens « à savoir mettre les rencontres et l’humain au cœur des voyages ». J’ai développé le concept et y suis restée presque 8 ans. C’est là-bas que j’ai réalisé qu’il y avait de plus en plus de femmes qui voulaient voyager seules et prendre du temps pour elles. Je n’avais alors rien à leur proposer. Suite à un grave accident, j’ai dû faire une pause d’un an durant lequel j’ai mûri le concept et créé mon entreprise.

Pouvez-vous nous décrire votre poste en une phrase ?

Alors pour le job, c’est compliqué mais je peux donner quatre mots pour la création d’entreprise : expérience, persévérance, réseau, investissement.

Est-ce-que vous pouvez nous donner quatre mots pour décrire votre job ?

Il y a tellement à dire ! Polyvalence, réflexion, analyse, communication humaine. C’est l’aspect le plus beau de la création d’entreprise. Tu es libre de faire ce que tu veux et de rencontrer toutes les personnes que tu souhaites, c’est un vrai partage.

Qu’est-ce-qui vous donné envie de vous associer ?

Seule, on n’est rien. Et ça, avec Alexandra, on le constate tous les jours. Il faut bien choisir son partenaire. Avec Alexandra, nous nous connaissons depuis quinze ans, nous sommes devenues amies, nous nous sommes retrouvées professionnellement, c’était une évidence.

Quels sont les avantages d’être deux ?

C’est d’être interchangeables dans le travail mais aussi dans les émotions, pour se soutenir. On est plus persévérantes à deux, cela évite de baisser les bras. C’est aussi la complémentarité, chacune a ses domaines de prédilection, son poste propre attitré, mais peut aussi suppléer l’autre en cas de besoin.

Pouvez-vous expliquer l’Odyssée du papillon à ce jour ?

L’entreprise est immatriculée depuis mai 2016. Avant cette date, il y a eu six mois de travail sur la programmation et l’aspect administratif. C’est énorme. Il y a ensuite eu quatre mois de communication pour pré- venir de notre arrivée sur le marché via de nombreux supports. Le site internet est une vitrine indispensable. Notre créneau n’a pas vraiment de concurrence, nous sommes dans du voyage en confiance, la recherche d’une valeur ajoutée émotionnelle, une rencontre avec l’autre. Nos clientes sont des femmes très cultivées qui ont beaucoup voyagé et qui ont maintenant envie de voyager différemment, d’avoir du temps pour la rencontre et la richesse culturelle de ce que peut apporter l’ailleurs. Les débuts ont été compliqués ! Il y a tellement de travail pour la mise en place ! Nous travaillions d’un côté le projet et de l’autre côté, nous gérions pas mal de demandes de voyages à la carte qui nous ont permis d’avoir une trésorerie pour finaliser le projet. Nous avons vraiment lancé notre projet en septembre 2016, c’est comme un accouchement finalement, neuf mois de gestation ! La banque a vu que cela marchait et nous a suivies. Nous souhaitons vraiment rester une petite entreprise et être en autofinancement, c’est important. Aujourd’hui, après un an d’activité pleine, nous sommes contentes. Nous devrions avoir des retours de nos plans com’ dans les semaines qui viennent. Il faut compter six mois pour que la campagne de communication fasse vraiment son effet, même si on en voit déjà des retombées.

Pas voyage au sens de la visite, voyage au sens de la rencontre de l’autre. On n’a pas des rencontres aussi fortes dans d’autres branches. Ce qui me fait vibrer, c’est ça, la rencontre, l’ouverture.

1998-2017, cela fait donc bientôt 20 ans dans l’industrie. Cette délité à l’industrie du tourisme n’est pas innocente, pouvez-vous nous dire ce qui vous fait vibrer dans ce secteur ?

Ce sont les voyages ! Pas voyage au sens de la visite, voyage au sens de la rencontre de l’autre. On n’a pas des rencontres aussi fortes dans d’autres branches. Ce qui me fait vibrer, c’est ça, la rencontre, l’ouverture.

Quand vous dites rencontre, c’est rencontre avec vos prestataires, avec vos clients, avec les locaux. Il y a trois catégories de rencontres ?

Exactement ! Il y a les prestataires de voyage, les compagnies aériennes, les transporteurs, les prestataires administratifs, les clients, même s’il y la possibilité de réservation en ligne, on ne vend jamais un voyage sans avoir au moins eu la personne au téléphone donc c’est très humanisé. Ce n’est que du online, je n’ai pas d’agence physique, je travaille chez moi. Il est prévu de faire un local dans la mai- son dédiée à l’agence. Nous accompagnons aussi quelques groupes et là, nous avons la rencontre de terrain. Nous vivons l’expérience avec les voyageuses et rencontrons les prestataires locaux. Ce que j’aime dans ce secteur, c’est que tout le monde est ouvert et que l’échange est fluide, facile.

En quoi votre formation vous a-t-elle fourni les codes pour bien vous intégrer ?

C’est vrai que la formation était assez complète. Elle permettait d’être en phase avec le monde de l’entreprise tout de suite. À chaque nouveau poste, j’étais opérationnelle dès le premier jour, je n’avais pas besoin de formation supplémentaire. J’ai toujours travaillé dans des petites structures, chacune avec ses spécificités et je n’ai jamais eu de problèmes d’adaptation. Je suis d’ailleurs revenue à l’ESCAET pour des formations ponctuelles, pour me mettre à jour !

Pouvez-vous me donner un défaut qu’il ne faudrait pas avoir pour être performant dans votre activité ?

La négligence. C’est comme quand vous conduisez, il faut toujours être à l’affût de tout, tout le temps. L’erreur qui est humaine arrive et peut avoir des conséquences graves mais si vous êtes négligent et que vous ne vérifiez pas tout alors là, ce n’est pas possible.

Avez-vous un outil ou une application qui vous est vital(e) ou bien est-ce un ensemble d’applications ?

Alors moi, je travaille beaucoup à l’ancienne, j’aime écrire, j’écris tout dans des cahiers, des agendas papiers. Parfois, je mets longtemps à retrouver quelque chose mais quand c’est bien rangé, c’est super ! Je pense que c’est viable parce qu’on n’est que deux mais si un jour plus de personnes interviennent, on verra… Le drive est un bel outil de partage !

Pourriez-vous vous passer du web ?

Non ! Impossible, ça voudrait dire revenir 20 ans en arrière, quand j’ai commencé et qu’on avait les fax et les téléphones.

Interview extraite du magazine Stratégos n°69.

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