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- Plus de 10 ans d’expérience chez L’Oréal : 5 ans au département logistique puis 5 ans au poste d’acheteuse.
- Diplômée de l’ESCAET en 2016 dans le cadre de sa reconversion professionnelle dans le tourisme.
- Depuis 2016, tourism purchaser chez Ponant.
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De L’Oréal à Ponant, pouvez-vous nous expliquer votre parcours professionnel ?
Après avoir travaillé pendant dix ans chez L’Oréal au sein de la division Luxe dans un environnement industriel et technique, j’ai pris la décision d’orienter ma vie professionnelle dans les domaines qui m’ont toujours passionnée : les voyages et les langues étrangères. Mon objectif était de faire mon métier d’acheteuse dans le secteur du tourisme. Pour m’accompagner dans ma reconversion professionnelle, j’ai décidé de suivre les cours de l’ESCAET pour me spécialiser et acquérir les connaissances spécifiques à ce secteur. Je suis comblée par le résultat car aujourd’hui, non seulement j’occupe le poste d’acheteuse tourisme que je convoitais, mais je l’exerce en plus pour une autre belle entreprise française, la compagnie de croisières Ponant, et ce toujours dans le domaine du luxe.
Quel est votre rôle chez Ponant ?
Il s’agit d’une création de poste, il y a tout à construire. Je suis chargée des achats des prestations tourisme, c’est-à-dire d’optimiser les prix et les conditions d’achat des vols charters et des programmes touristiques proposés à nos passagers pendant, avant ou après la croisière sur l’ensemble de nos destinations, tout en sécurisant les engagements en mettant en place des contrats. Je négocie par ailleurs des rebates ou remises arrières en fonction du chiffre d’affaires atteint sur la saison. Je travaille essentiellement avec les services production et revenue management. Concrètement, le département production me transmet les spécifications des produits qui me permettent de définir précisément le cahier des charges de ce que je dois négocier. Toutes les économies réalisées sont autant de bénéfices supplémentaires pour le revenue management qui a pour objectif d’optimiser la marge sur le prix de vente. Je travaille avec des catégories d’acteurs très différentes. Je suis amenée à négocier les charters aériens sur l’Antarctique, le Groënland ou l’Alaska auprès de courtiers et de compagnies aériennes, mais je traite aussi avec des destination management companies, des agents portuaires et même auprès de GDS comme Amadeus.
Vous avez travaillé en tant qu’acheteuse dans le secteur des cosmétiques. Les pratiques sont-elles différentes dans le travel ?
Les pratiques peuvent être différentes même si elles sont aussi parfois similaires dans le travel. Les fournisseurs ont souvent l’habitude de proposer des prix packagés, tout inclus. Aujourd’hui, je les challenge en leur demandant beaucoup plus de détails, comme je le faisais chez L’Oréal lorsque j’achetais des objets promotionnels pour les cosmétiques et que j’analysais le coût de la matière, de la main d’œuvre ou encore du transport. Par exemple, j’essaye d’obtenir auprès de nos prestataires comme les DMC les prix du guide, du bus, de l’hôtel, du restaurant, de l’activité lors de l’excursion, etc. pour un volume donné. C’est dans l’objectif d’avoir non seulement une meilleure maîtrise des coûts mais aussi de dresser un mapping mondial et de savoir plus précisément combien nous dépensons dans chaque pays. J’insiste sur le fait que le meilleur prix ne signifie pas le prix le moins cher. En tant que croisiériste de luxe, nous faisons attention à bien respecter le cahier des charges et notre positionnement. L’achat de prestations aériennes est également une composante clé de mon poste car il faut avoir une excellente connaissance des compagnies aériennes avec lesquelles la négociation peut s’avérer complexe. Par exemple, la négociation avec une compagnie charter va dépendre de nombreux paramètres qu’il faut bien appréhender avant d’entamer toute négociation. Ce n’est pas une simple histoire de volumes ![/vc_column_text][mk_blockquote font_family= »none » font_size_combat= »true » text_size= »16″]
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Participez-vous à des événements pour rester à jour et performante dans votre métier ?
Pour actualiser le sourcing des fournisseurs, je participe à tous les salons tourisme en Europe et à l’international, comme l’ITB à Berlin, l’IFTM-Top Resa à Paris, le World Travel Market à Londres ou encore le Seatrade à Miami. Je vais sur ces salons pour y trouver des acteurs qui ont l’habitude de travailler avec les croisiéristes. C’est une garantie de qualité indispensable pour nous compte tenu de notre modèle particulier. Une DMC doit être capable de s’adapter très vite à un changement d’itinéraire par exemple. Elle doit être souple et nous rendre un service d’excellence. En complément des événements auxquels je participe, je vais être amenée à voyager prochainement sur certains de nos marchés importants comme l’Argentine et le Chili, pour négocier globalement avec les DMC, les compagnies aériennes, ou encore les agents portuaires.
Selon vous, quel est votre trait de caractère qui s’exprime le plus à ce poste ?
La ténacité ! On ne peut jamais obtenir le meilleur prix tout de suite. C’est avec le temps que nous l’obtenons, étape par étape. Par exemple, j’ai négocié les prix des vols charters sur l’Antarctique pour la saison hiver 2017/2018 et les négociations ont duré plusieurs mois. Car au-delà du prix, les conditions de paiement et les pénalités d’annulation font également partie de la négociation.
Comment votre métier va-t-il évoluer dans les prochains mois ?
D’ici quelques mois, nous allons avoir l’outil dont je rêve ! Ponant investit dans un nouvel ERP, ce qui va m’aider à structurer les achats et les piloter au niveau global grâce à un échange d’informations plus uide entre les services.
Quelle est la destination qui vous a le plus marquée lors d’un voyage professionnel ?
Je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de voyager pour L’Oréal, à part en Chine, dans les usines textiles et de bagagerie.
Et quel est votre pays préféré à titre personnel ?
J’ai été très marquée par le Vietnam. J’ai découvert une culture, un pays complètement différent de ce que je connaissais par ailleurs. La nature y est très présente, la déconnexion est totale. J’ai gardé un souvenir magique de ce voyage.[/vc_column_text][vc_column_text]
Interview extraite du magazine Stratégos n°67.
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